Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011

Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 18:48

Et voilà, 2 ans après la Diagonale des Fous, mon 2ème « ultra-défi » rempli : terminer le Tour de l’Oisans et des Ecrins non-stop ! 38h10 de course pour 180km et 12000m de dénivelé positif. Un trail incroyable dans un massif que j’adore. Mais alors que le Grand Raid de la Réunion s’était déroulé, tant durant la préparation que pendant la course, de manière quasi-idéale, ce Tour de l’Oisans m’en aura fait voir de toutes les couleurs. Je n’ai jamais été aussi proche d’abandonner durant un trail et il faut dire que le fait d’avoir réussi à redresser la barre n’en fait que renforcer le plaisir de l’avoir bouclé !

 

La préparation, donc, a été quelque peu perturbé par des tendinites capricieuses au genou droit suite au trail de la Ste Beaume, puis de manière encore plus marquée suite au Grand Raid 73. Obligé de limité nettement l’entrainement et les descentes en particulier, j’ai quand même pu faire du foncier qui s’est conclu par la reconnaissance de la terrible 2e partie du parcours entre Vallouise et Les 2 Alpes. Si le genou droit avait été « sous contrôle » durant cette reco (une gêne mais pas réellement de douleur), je me suis déclenché une autre tendinite du releveur du pied gauche cette fois, peut-être dû à une compensation excessive pour soulager le genou droit dans mes descentes. Du coup, les 3 dernières semaines ont été occupés à « faire du jus » (pas forcément un mal) avec pour seuls entrainements un footing un midi et une ballade en arrivant aux 2 Alpes.

 

Je quitte paris, direction les 2 Alpes, le dimanche 24 juillet, histoire de m’acclimater un peu, me mettre dans l’ambiance et peaufiner les derniers préparatifs et la composition des sacs d’assistance qui seront transportés aux bases-vie par l’organisation. Un point important pour moi car je n’aurai en principe pas d’assistance sur le parcours. Le mardi, récupération du dossard, dépose des sacs d’assistance et briefing par Arnaud, le directeur de course de l’assoce SMAG qui organise la course avec une soixantaine de bénévoles de tous horizons qui ont permis de mener la course à bien. La phrase emblématique du briefing : la course ne commence réellement qu’à la Chapelle en Valgaudemar, après 133km où il restera certes 47km mais surtout 4500m de D+ ! Le ton est donné ! J

 

 

Je me suis fixé 2 plans de route, un plan ambitieux en 34h et un autre plus raisonnable en 38h, l’objectif principal étant quand même si possible d’arriver le jeudi soir (moins de 40h en gros) pour éviter de passer une 2e nuit dehors. Au final je ne les ai presque jamais respectés, allant soit plus vite au début et à la fin, soit plus lentement au milieu ! En moyenne au niveau de l’allure, je dois être entre les deux, ayant fait des arrêts nettement plus longs que prévu (mais mes tps d’arrêt prévus étaient irréalistes pour le coup). Désolé, pas beaucoup de photos (crédit à Michel, Badgone, au Bagnard et à un coureur italien:

 

http://www.mountaindream.it/photo/TOE_2011/), il faut aller voir l'album photo de ma reco TOE pour profiter des paysages...

 

L’heure du départ

La nuit de veille de départ n’est pas terrible avec seulement 3h/3h30 de sommeil effectif, pas le top avant de partir pour une si longue course hélas ! Je me rends vers le départ autour de 7h30 où la meute se rassemble.

Départkikous

Avec quelques kikous...

 Départ

 

Pour la première partie de jour j’ai un T-shirt manches longues plutôt léger dans le sac et je porte un T-shirt manche courte avec des manchettes. C’est plutôt pour la nuit que le froid m’inquiète donc les vêtements les plus chauds m’attendent à Vallouise. A 8h10 environ le départ est donné ! La meute de 230 coureurs partants s’élance avec, surprise, une petite côte d’entrée pour aller chercher en haut d’un tire-fesse la piste de ski que l’on va suivre pour la descente. Je fais l’effort pour remonter le peloton car j’ai envie de faire la descente avec les premiers. Ça discute, c’est détendu, après tout il ne pleut pas encore… même si on sait que ça va venir, les prévisions étant pluie jusque dans l’après midi le mercredi avec amélioration dans la nuit et le jeudi. Sans trop forcer, j’arrive au Freney-en-Oisans en 4e position.

 

Le Freney -> Besse-en-Oisans par le Col de Sarenne

Je rejoins et fais connaissance avec Yannick74 au début de la 1ère montée vers le col de Cluy, qui lui aussi a voulu profiter de ces qualités de descendeur pour ensuite gérer les montées. Assez vite les cadors passent devant avec Cyril Cointre, Guillaume Millet, Lucas Humbert, etc. Il se forme un groupe de 6 que j’aperçois quelques minutes devant moi à l’approche du col. Une bruine fait déjà son apparition, c’est le début d’un long festival de flotte qui nous suivra toute la journée. Un petit groupe me rattrape juste pour le final avec notamment Fabien Flacher et Marc Toubin. 1er ravito rapide au col pour remplir le Kamelback et picorer quelques morceaux de bananes et d’oranges. Gloups, j’ai 20 minutes d’avance sur mon plan de marche rapide ! Aspiré par les cadors sans doute, bien que j’aie eu quand même l’impression de gérer… ça repart sur une piste facile avec une courte descente et la montée courante vers le col de Sarenne.

Col Sarenne

une des rares photos que j'ai pu récupérer... 

 

Je cours dans les parties les moins raides et marche à intervalle régulier pour ne pas trop me cramer. Malgré tout je continue à être nettement trop rapide. La descente est très sympa mais le début est technique et 2/3 glissades sans conséquence m’appellent à lever un peu le pied. Enfin on remonte sur le village de Besse où pas mal de gens sont rassemblés et où on est du coup très bien accueilli ! J’y croise Badgone qui attend Martine, et m’encourage au passage. Je suis dans les 10 premiers à 8’ seulement de la tête de course, 3h après le départ…

 

Besse -> Les Terrasses par le col du Souchet et le plateau d’Emparis

Je repars vers le plateau d’Emparis. C’est complètement bouché, on évolue dans le brouillard, ce qui ne nous permettra pas de profiter de l’extraordinaire panomara sur la Meije.

Col Nazié

 Le col Nazié, à mi-pente vers le plateau d'Emparis... une photo qui va me coûter cher

 

Les coureurs sont déjà assez espacés les uns des autres après 4h de course et je ne vois pas grand monde lors de la traversée du plateau vers le Col du Souchet ! La pluie se renforce là-haut. Au niveau physique je sens légèrement mon genou droit mais sans que cela me gêne. Je sens aussi les cuisses qui commencent déjà à tirer un peu. Je m’arrête pour m’étirer les quadris et je sens un début de crampe dans les ischyos ! Pas bon du tout ça à ce niveau de la course ! Je croque une sporténine mais à vrai dire ce seront les seuls débuts de crampe ressenti de la course. Les cuisses qui tirent en revanche, ça va durer jusqu’au bout ;) Après une descente rapide par le Chazelet, je rejoins le ravito des Terrasses au-dessus de la Grave en 8e position ( !) avec près d’une heure d’avance sur mon plan rapide… L’indice des cuisses me laisse penser que soit je me suis un peu enflammé sur mon début de course nettement moins prudent que celui de la Réunion, soit je paye le contrecoup de mes 3 semaines d’interruption. Sans doute un peu les deux…

 

TOE juillet 2011 100badgone

Le moral est encore bon: un verre à la santé de Badgone

Les Terrasses –> Le Monetiers-les-Bains par le Col d’Arsine

Toujours sous une bonne pluie, je traverse la Grave un peu plus bas et m’y perds brièvement ! Une courte montée (seulement 300m de D+ ;) ) se fait ensuite en partie dans la bouillasse. J’ai prévu de prendre les bâtons à partir de Vallouise mais là je regrette un peu leur appui pour limiter les glissades qui freinent pas mal ma montée. Suit une courte descente et un très agréable sentier qui surplombe la Romanche après Villar d’Arène. On rejoint le bord du torrent et je rattrape un coureur, Pierre-Henri Jouneau, qui a un doute sur la direction. Je confirme le chemin et on poursuit ensemble vers le Col d’Arsine. Le début est quasi plat, on s’enfonce dans la vallée avant un premier raidard qui passe moins bien sur le plan physique que les précédentes côtes, un signe d’inquiétude de plus suite à mon départ rapide. Mai surtout je sens ma tendinite du releveur du pied gauche qui se réveille… En-haut je bifurque vers le refuge de l’Alpe où je veux remplir la poche à eau, tandis que Pierre-Henri continue sur le GR. Au refuge, la gardienne vient discuter un peu et me propose gentiment une boisson chaude, mais je me contente de mettre une nouvelle épaisseur car il commence à faire bien froid avec la pluie à ces altitudes.

 

Je rejoins le GR où 3 coureurs m’ont rattrapé alors que Pierre-Henri est juste devant mais pas au mieux puisqu’on le dépasse tous les 4 un peu avant le col d’Arsine. Avec le releveur douloureux, je fais une descente relativement prudente en tâchant quand même de suivre le 1er du groupe. Dans le technique, ça va mais quand on rejoins les portions plus roulantes, je préfère le laisse filer. Un groupe de 3 coureurs me rejoint également juste avant la base-vie du Monetier les Bains. Ils semblent plus péchus que moi sur cette portion courante, encore un point pas top pour le moral… Je retrouve à la base-vie les parents de Julia qui m’encouragent et me prêtent main-forte pour la gestion du sac d’assistance, m’apporter à manger.

 

TOE juillet 2011-04-Arrivée de Benj à Monetier

 Arrivée à la base-vie, j'aurais dû mettre qqchose sur la tête

 

Je mange un peu de tout dont des pates bien sûr. Je me change presque entièrement, sauf les chaussures et le collant, et vais voir les kinés pour mes cuisses et surtout mon tendon. Pas de miracle à espérer mais ça me semble indispensable pour pouvoir envisager de finir sans et soulager un peu la gêne occasionnée par la tendinite. Coup dur final, je me rends compte à ce moment que l’Iphone a pris la flotte et ne marche plus… L Outre le souci d’avoir foutu en l’air mon téléphone en 1 mois seulement, il me faut un téléphone qui marche pour la sécurité (matériel obligatoire). La mère de Julia me prête le sien, on s’arrangera pour faire l’échange après la course. Avec toutes ces histoires, je me suis arrêté trop longuement, près de 50 minutes, et je repars avec Pierre-Henri, un peu énervé par ces déboires qui n’augurent rien de bon. Michel m’avouera qu’il était peu optimiste sur mes chances d’aller au bout à ce moment…

 

TOE juillet 2011-08-Départ de Benj de Monetier

 

En repartant de la base vie avec Pierre-Henri

TOE juillet 2011-09-Départ de Benj de Monetier

 

Le Monetiers-les-Bains -> Vallouise par le col de l’Eychauda

Pierre-Henri avait eu des problèmes digestifs dans le col d’Arsine et m’annonce qu’il va y aller tranquillement. Cela dit je n’ai pas l’intention d’accélérer le rythme vu que la forme semble fléchir et me cale dans son rythme qui ne s’avère déjà pas évident à suivre ! La montée est à nouveau boueuse et bien raide dans sa première partie. Je pioche ! A vrai dire c’est mon tour d’avoir mal au ventre, peut-être ai-je mangé trop de choses ou bien est-ce l’effet du froid et de l’humidité combinés ? En arrivant aux télésièges sur la fin de la montée vers le col de l’Eychauda, je me fais distancer par Pierre-Henri et 2 autres traileurs belges qui nous ont rattrapés. Je n’avance plus du tout sur cette partie finale, je me sens complètement vidé. Evidemment à ce stade, difficile d’ignorer ce qu’il me reste à parcourir : plus de 100km et près de 8000m de montée… Le fait de l’avoir reconnu (en 3 jours !) n’est pas vraiment un avantage à ce stade de la course, plutôt un coup à se décourager. Ça ne rate pas, mon moral s’écroule littéralement. Bien qu’essayant de me rappeler de ne pas abandonner sur un coup de tête, je n’ai plus de force et je ne vois pas comment je pourrais boucler le tour. De toute façon je dois gagner Vallouise mais c’est sûr, je vais devoir y abandonner. Je commence même à réfléchir à la logistique pour rentrer aux 2 Alpes. La perspective d’être de retour au chaud, à l’appartement, parait tellement meilleure que de tenter de continuer… En plus j’ai déjà vu la partie qui vient lors de ma reco où il faisait nettement meilleur. En même temps, le fait de tout laisser tomber à ce stade après avoir fait chier mon monde avec ma course de ouf prévue depuis près d’un an me met presque les larmes aux yeux et je peste contre mon manque de mental… ça cogite dur donc !

  

Je commence la descente au pas puis me décide finalement à trottiner un peu quand la pente s’accentue pour rejoindre le fond du vallon de Chambran. En fait je commence à me sentir un peu mieux dans cette descente et je parviens, en alternant course et un peu de marche pour récupérer, à avancer à un rythme finalement conforme à mes prévisions, ce qui contribue à me remonter le moral. Je vais de toute façon prendre le temps de me refaire une santé à Vallouise mais l’idée de l’abandon s’éloigne. M’élancer sur la longue section de 50km vers la Chapelle en Valgaudemard (prochain point d’abandon/rapatriement possible après Vallouise) ne me parait plus si impossible que ça. D’ailleurs je rejoins Pierre-Henri peu avant la base-vie, signe que ça va mieux.

 

Vallouise -> Refuge du pré de la Chaumette par le col de l’Aup Martin

A Vallouise, je me ravitaille bien et me fait à nouveau masser le tendon douloureux, les épaules qui tirent à cause du sac et les lombaires (des points faibles musculaires traditionnels chez moi). La nuit tombe dehors mais la pluie s’est enfin arrêtée et on nous confirme une nuit sèche. Je récupère les bâtons laissés dans le sac d’assistance et me change à nouveau complètement, y compris les chaussures cette fois. Je décide d’embarquer carrément la polaire pour assurer le coup si j’ai à nouveau un gros coup dur. Allez, après à nouveau 45 minutes de pause, on se remotive et on repart avec Pierre-Henri dans la nuit. Le fait d’être entièrement sec apporte à lui seul un vrai bon point au moral ! Le début de la montée se fait sur la petite route d’accès à Entre les Aygues. Une section un peu longuette de nuit mais sur laquelle nous avançons à un bon rythme, même si nous avons tous les deux un peu sommeil, alors que les étoiles ont fait leur apparition dans le ciel. Arrivés au parking d’Entre les Aygues après 1h30 environ, Pierre-Henri m’annonce qu’il souhaite un peu lever le pied sur la suite de la montée vers le col de l’Aup Martin. Je le distance donc légèrement alors que nous poursuivons la longue approche vers le col qu‘on peut visualiser dans la nuit grâce à une lumière clignotante. On n’est pas rendus ! On distingue aussi quelques frontales au loin dans la montée.

  

Je maintiens un bon rythme jusqu’au chalet de Jas Lacroix. Par la suite, la pente s’accentue de plus en plus jusqu’au col et hélas j’ai à nouveau du mal à m’alimenter, un peu mal au ventre et un fort écœurement qui fait que je ne mange sans doute pas assez de barres de céréales ou pâtes d’amande. Pire encore que dans le col de l’Eychauda, je n’avance plus et cette fin d’ascension parait interminable. Je dois faire de nombreux petits arrêts pour récupérer. Sans doute une combinaison de fringale et de manque d’oxygène lié à l’altitude (on monte à 2760m, point culminant du tour)… Cette ascension, après le précédent col, me confirme que je suis cuit et l’abandon à la Chapelle parait inéluctable même si la perspective de me faire rapatrier seulement vendredi ne m’enchante pas. A ce moment de la course, je mets beaucoup sur le compte de mon départ trop rapide ma défaillance, même si aujourd’hui mes problèmes digestifs (peut-être eux-mêmes liés au froid ?) me paraissent la principale cause. En tout cas je me désespère de ne déjà plus avancer alors que la forme et l’endurance avaient paru au rendez-vous lors de la reconnaissance début juillet où j’allais de mieux en mieux…

 

J’arrive enfin au col de l’Aup Martin un peu avant 2h du matin (environ 4h15 après être reparti de Vallouise !), exténué, après la grosse galère de la très raide montée finale dans les schistes boueux. Je suis obligé de me poser 5 minutes là haut où se trouvent 2 contrôleurs avec pour tout abri une petite tente. Et je peux vous dire que ça caillait là-haut, ce qui va me donner la motivation pour repartir vue la vitesse où je me refroidis. Un traileur en a profité pour me rejoindre en haut du col et je le suis pour la descente vers le refuge du Pré de la Chaumette, où j’ai décidé depuis quelques temps déjà de m’arrêter dormir vu que j’ai sommeil et que je suis de toute façon épuisé avec des soucis d’estomac ! La descente se fait donc tranquillement et j’arrive avec soulagement au chaud dans ce refuge où j’avais déjà dormi lors de ma reconnaissance. Avant toute chose, je mange quelques morceaux de banane et d’orange, me pose un peu et vais rejoindre 2 autres coureurs déjà allongés et dormant profondément si j’en crois les ronflements de l’un d’eux ;) pour dormir moi aussi une heure. Ce ne sera pas une heure en continu avec les va-et-vient des coureurs qui repartent et qui arrivent mais ça va quand même me faire le plus grand bien !

 

Refuge du Pré de la Chaumette -> La Chapelle en Valgaudemard par les cols de la Valette et de Vallonpierre

Ma montre sonne à 4h25 du mat’ et je me remets doucement en place. Les muscles sont extrêmement raides au réveil et pourtant, une fois reparti, tout se réchauffe très vite. En tout c’est 1h30 d’arrêt au refuge que j’ai effectué. Forcément, j’ai continué à rétrograder (jusqu’à la 22e place a priori au départ du refuge), mais c’est bien le cadet de mes soucis ! Le moral remonte doucement en ce début de grimpette par le fait de se sentir reposé, d’avoir l’estomac à nouveau bien en place mais aussi de dépasser plutôt que d’être dépassé. Certes comme je me suis posé une heure, ce n’est pas forcément révélateur mais malgré tout c’est con mais ça fait du bien après presque 10h à perdre des places ! Je double ainsi 3 traileurs et 1 traileuse (la 1ère féminine que je reconnais comme faisant parti de l’équipe des Quechua Célestes, doubles vainqueurs du Raid 28 et qui va remporter la course chez les femmes) partis peu avant moi du refuge. Je n’ai toujours pas l’impression d’avancer très vite mais au moins je ne subis pas de gros coup de barre en fin d’ascension du col de la Valette ! Je l’atteins au point du jour.

 

Je poursuis la traversée par le col de Gouiran (pas de chamois cette fois...) puis le col de Vallonpierre où je dépose ma pierre sur le kern en mémoire de Laurent Smagghe. Toujours des bénévoles en haut des cols (à Vallonpierre il n’a même pas de tente vu qu’il n’y pas la place pour en planter une !) dont je ne peux qu’être admiratif car vues les barrières horaires volontairement très larges pour qu’un maximum de monde puisse finir le tour, ils vont rester là haut jusqu’à plusieurs jours. Je peux profiter depuis le col de Vallonpierre d’un des premiers panoramas dégagé depuis le départ en direction du Valgaudemard avec l’Olan, les Bans et le Sirac ! Pas de photo, forcément, désolé  Ce sera un des seuls panoramas à peu près dégagé de la course !

 

J’enchaîne ensuite avec la longue descente vers la Chapelle qui se passe plutôt bien. La tendinite du releveur est bien sûr toujours présente mais on va dire que la gêne est « sous contrôle », c'est-à-dire qu’elle ne m’oblige guère à ralentir ou à devoir soulager le pied gauche, ce qui risquerait de provoquer d’autres problèmes… Une fois passé le refuge du Clot, on rejoint la petite route qui descend vers la Chapelle. 7km sur lesquels je vais me surprendre à courir à un bon rythme, même lors d’une petite bosse sur la fin ! Peut-être l’envie que cette section un peu lassante passe plus vite ?! En tout cas j’ai encore gagné 2 places dans cette longue descente et les sensations vont en s’améliorant, bref, plus question d’abandonner à la Chapelle !

 

Mathias, qui avait dû abandonner et que j’avais déjà croisé au Monetier, est là ainsi que Badgone qui donne des news sur kikourou. Pour éviter les problèmes digestifs, je vais prendre uniquement des aliments qui ne devraient pas poser de problème de digestion : pâtes avec gruyère et banane ! Avec les sacs d’assistance d’ici et celui de Valsenestre (où j’ai de la recharge de malto/glucose), et les points de ravito réguliers sur la fin, je vais aussi pouvoir éviter de manger les barres et me concentrer sur la boisson énergétique et les classiques bananes/oranges pour terminer la course. Je me fais à nouveau masser les jambes et le releveur bien sûr et m’allège de la polaire qui n’a pas servi et ne devrait pas servir non plus même si j’arrive dans la nuit prochaine. Quelques coureurs comme Guillaume Bernard ont l’air bien fatigués et dorment ici aussi, ce qui fait que je gagne encore 1 ou 2 places en sortant de la base-vie malgré mes 45 minutes d’arrêt (je ne connais pas précisément ma place à ce moment-là).

 

La Chapelle en Valgaudemard -> Le Désert en Valjouffrey par le col de Vaurze

Il nous reste donc l’enchaînement majeur col de Vaurze, col de Côte Belle et col de la Muzelle avant la montée finale aux 2 Alpes ! Certains coureurs sont accompagnés par un pacer sur cette section (accompagnateur, mais pas porteur ou aide !). De mon côté, je ne regarde plus mes temps de route prévus depuis l’Aup Martin mais je me dis qu’il est peut être encore jouable de faire moins de 40h si la fin se passe bien, histoire de me redonner un objectif. Dans la longue montée vers le refuge des Souffles, je croise un troupeau de moutons qui a bien dû mal à libérer le chemin vue la pente dans laquelle celui-ci serpente ! Je recharge le Kmel au refuge en discutant avec les gardiens et galère un peu à dissoudre la poudre énergétique ! J’y passe 10 minutes, ça m’énerve un peu… Je repars du refuge avec un traileur qui faisait une petite sieste en bord de chemin un peu plus bas, n’ayant pas réussi à dormir à la Chapelle. On va faire la suite de l’ascension ensemble : d’abord une longue traversée à flanc avec notamment une traversée de torrent/cascade un peu scabreuse, puis la montée finale. J’avais déjà souffert dans cette partie lors de ma reconnaissance, et bien ce sera la même chose. Mon camarade de galère me semble mieux que moi et me prend quelques longueurs mais j’essaie de tenir le rythme à distance et y arrive à peu près. Dans la douleur (encore l’altitude ?), on rejoint enfin le col de Vaurze après au total environ 3h de montée en ce qui me concerne !

 

La descente du col est la plus dure du parcours : pente très raide qui force en permanence dans les quadris, très longue (1250m de dénivelé) et technique avec caillasses presque tout du long. J’aime bien les descentes mais c’est dur de prendre du plaisir dans celle-là !! Malgré tout c’est un terrain à mon avantage et je décide de prendre les devants. Je fais une descente rapide (un peu moins d’une heure) en essayant cependant de ne pas trop en rajouter non plus, m’accordant quelques pauses à la marche pour décontracter les cuisses. Je rejoins le ravito du Désert en Valjouffrey, au bord du torrent, devant lequel je passe sans m’arrêter en croyant qu’il ne s’agit que d’un poste de secouristes ! Marc Toubin se fait soigner et va abandonner ici visiblement. Le poste est tenu par Rodio qui me rappelle ! Oups, je reviens, me pose et mange un brin, comme prévu. Je pars et fais à nouveau demi-tour, ayant oublié cette fois de re-remplir mon Kmel !

 

Le Désert en Valjouffrey -> Valsenestre par le col de Côte Belle

L’enchaînement vers Côte Belle se fait sans transition ! Ça grimpe dès le pont du torrent passé ! Le début de la montée, très raide, passe difficilement, peut-être le contrecoup de la descente précédente. A nouveau besoin de faire quelques pauses en m’appuyant sur les bâtons. Et là, mauvaise surprise, la pluie fait son grand retour ! Là c’est une vraie grosse averse à laquelle on a droit, avec quelques petits grêlons pour agrémenter le tout… Dommage pour une montée sur un chemin terreux car ça va bien glisser tout le long. Finis aussi les pieds secs, j’y avais pourtant pris goût ! Je fais néanmoins une bonne montée en 1h40 environ où pour une fois c’est le début et non la fin qui aura été le plus dur. Les contrôleurs au sommet m’annoncent 13e, et 10e solo. Je suis très surpris de voir que je suis de retour dans le top 10 et j’y retrouve une motivation à conserver ce classement à l’arrivée (que je ne doute plus pouvoir rejoindre !). En réalité, je suis 12e car les coureurs en duos sont en fait des coureurs accompagnés par leurs pacers, pas des coureurs faisant le tour de l’Oisans en relais à 2. Il n’y a qu’un seul coureur en relais passé avant moi. Bref, artificiellement, je me crée une motivation à tenir mon pseudo rang de 10e !

 

A nouveau je fais une descente rapide, d’autant plus que je sais que la base-vie m’attend et que je vais pouvoir me faire masser à nouveau. Quelques passages doivent se faire en glissade contrôlée sur boue et dans cet exercice les bâtons sont bien utiles ! Pour rejoindre Valsenestre, on emprunte une piste en aller-retour et je croise 2 traileurs qui doivent bien avoir 20 minutes d’avance, sans compter le temps que je vais passer à la base-vie. Bref, il va surtout falloir que j’évite des retours par l’arrière pour garder mon pseudo top 10 ! J’atteins Valsenestre en un peu moins d’une heure à nouveau depuis le col. J’y croise Mathias qui compte peut-être faire la Muzelle avec le Rapace. Au menu, c’est à nouveau pâtes, banane et recharge de produit énergétique dans le Kmel back pour aller jusqu’au bout !! J’ai droit à une masseuse par jambes qui me torturent les quadris et m’arrachent des cris de douleurs, les sadiques ! 

 

Valsenestre -> Venosc par le col de la Muzelle

Pendant la séance, je vois un traileur repartir que je n’avais pas aperçu avant. Du coup je crois avoir perdu une place (alors qu’en réalité, il était bien à la base-vie à mon arrivée, sans que je l’ai vu) et me speede pour repartir au plus vite. Mauvaise idée, je commence à faire n’importe quoi, j’oublie des affaires, en cherche d’autres que j’ai déjà rangées et finis par partir sans mes bâtons. Je reviens les chercher et au final j’oublierai quand même mon gobelet à la base-vie… Je repars après 30 minutes d’arrêt quand même, juste devant un autre coureur qui vient d’arriver avec son accompagnateur et qui a fait un arrêt éclair. J’attaque assez fort la montée, motivé pour rattraper le traileur parti devant moi. Je vais le rejoindre plus vite que prévu en fait et comprendre qu’il devait plutôt être devant que derrière moi.

 

Du coup j’ai fait toute l’approche vers le verrou schisteux de la Muzelle à très bon rythme pour ce stade de la course mais les 300 derniers mètres, malgré le nouveau sentier bien taillé et nettement moins direct que le précédent chemin semble-t-il, sont difficiles. A vrai dire, les innombrables courts lacets donnent à cette partie finale un côté interminable. J’aperçois les 2 traileurs suivants en contrebas, à une quinzaine de minutes environ. Une fois le sommet du col atteint, un sentiment de victoire m’envahit : la vue sur les 2 Alpes, qu’on aperçoit malgré un plafond nuageux assez bas, sonne la fin du Tour ! J’ai réalisé une excellente montée, en moins de 2h depuis la base-vie, je m’étonne moi-même sur ce coup-là : sans doute ma montée la plus rapide depuis le plateau d’Emparis ! Je suis aussi très motivé pour faire une belle dernière descente, une des raisons d’avoir pris le temps de me faire masser à Valsenestre, même si je ne pourrai pas me lâcher à 100% comme j’aime le faire lorsque les arrivées de trail ont lieu en bas dans la vallée.

 

Après un début caillouteux, on rejoint le névé déjà vu lors de ma reco. Il a un peu fondu mais je craignais surtout qu’il soit en glace vu la météo. Heureusement ce n’est pas le cas et je peux le dévaler avec gourmandise : vitesse, glisse, fun, tout ça sans effort ou presque, le meilleur moment de la descente ! Comme il n’est pas très raide, aucun risque de s’emballer non plus, il faut juste faire attention aux traversées de torrent en-dessous. Je rejoins ensuite rapidement le refuge de la Muzelle où je suis tout surpris de retrouver un des 2 traileurs croisés avant Valsenestre qui finit de recharger sa poche à eau. Il ne peut en fait plus trop courir dans les descentes à cause de ses pieds.

 

Je continue mon chemin avec une partie de descente en marches, qui rappelle un peu la Réunion, en bas de laquelle je suis à nouveau surpris de rejoindre puis dépasser le second traileur et son accompagnatrice ! Je poursuis la longue descente vers Bourg d’Arud qui commence à me lasser un peu (ou plutôt mes jambes commencent à sentir l’effet des 1700m de descente !). Je sors la frontale pour les derniers hectomètres un peu sombres en forêt et rejoins enfin le ravito de Venosc, près pour la dernière ascension !! Je pense alors objectivement avoir fait de gros écarts sur la montée puis encore plus lors de cette descente (1h30 entre le col et le dernier ravito à Venosc).

 

Venosc -> L’arrivée aux 2 Alpes !!

Au ravitaillement, les pointeurs m’indiquent un groupe de 3 à 20 minutes devant. Il me parait impossible de les rejoindre mais ils m’encouragent au vu du temps que j’ai repris sur les précédentes sections… Je me laisse influencer et pars beaucoup trop vite à travers les ruelles de Venosc et le début de l’ascension. Un signe que je ne devrais pas m’emballer comme ça : je commence à bien profiter des fameuses « hallucinations » dont j’ai souvent entendu parler par les ultra-traileurs lors de leur 2e nuit dehors : mon cerveau défraîchi interprète à tort et à travers les formes des éléments naturels : un rocher devient un sac à dos posé sur le bord du chemin, un figuier m’apparaît comme 4 personnes côte à côte semblant attendre le bus… C’est assez divertissant ;) Moins amusant, je commence dès la mi-pente à coincer un peu dans la côte avec l’estomac plus bien en place et je me mets à guetter les panneaux qui annoncent le décompte vers l’arrivée avec angoisse ! Je jette un œil régulièrement devant et derrière pou repérer des frontales mais sans jamais rien voir.

 

La fin de la montée est à nouveau pour moi un calvaire, dans un espèce de brouillard humide et froid. La frontale fait un halo blanc et n’éclaire rien. On y voit mieux sans ! Enfin le haut de la télécabine apparaît et je rejoins avec soulagement la station. Par contre je perds le balisage dans les 2 Alpes et finis après quelques tergiversations par rejoindre une avenue ramenant au téléphérique du Jandri. Peu après je retrouve enfin le balisage une centaine de mètres avant la ligne d’arrivée ! J’arrive donc avec soulagement et aperçois avec surprise et plaisir les parents de Julia venus m’accueillir sur la ligne ! Après 38h10, je termine en 9e place le Tour de l’Oisans et des Ecrins, yes !

 TOE juillet 2011-12-Arrivée de Benjamin

 TOE juillet 2011-14-Arrivée de Benjamin

 TOE juillet 2011-15-Juste après l'arrivée

 A bloc pour donner des nouvelles...

 

Hélas je ne profite guère de cette arrivée car mon coup de speed au début de la montée m’a retourné l’estomac et je me retrouve vite à rendre mon ravito au toilettes… Cela dit je suis bien entouré et on décide pour moi (qui suis moyennement lucide ;) ) qu’il vaut mieux que je dorme dans la salle d’arrivée sur un des lits de camp installé, sous le contrôle de l’organisation. Dès le lendemain matin, tout va mieux et je peux manger et discuter avec les arrivants dont Pierre-Henri. Je retourne vite me coucher mais à l’appartement cette fois jusque dans l’après midi. La suite est consacrée à récupérer, beaucoup manger (!) et féliciter les arrivants qui vont se succéder jusqu’à samedi en début d’après midi.

Vers la ligne

 

Dimanche, j’ai même droit en bonus inattendu à la 2e place du podium senior (qui n’inclut pas les 3 premiers au scratch, c’est pour ça que j’y suis) avant une bonne paella et un retour sur Paris pour le retour à la réalité…

 

TOE juillet 2011-22--Remise des Prix

TOE juillet 2011-31--Remise des Prix

  Les "podiumés" avec les bénévoles

Petit bilan ?

Vraiment cette course, on n’a pas fini d’en parler ! Au-delà des chiffres qui parlent d’eux-mêmes, la difficulté croissante du parcours en fait un vrai défi mental. Quand on connaît des coups de moins bien tôt dans la course, la perspective du chemin à parcourir et de cet amoncellement de difficultés nécessite une grosse volonté !! Et quand le coup de moins bien arrive à la fin, ben il fait très mal car on est dans le plus dur, sans répit possible… On n’a pas non plus fini de parler du courage et du dévouement des organisateurs et des bénévoles car organiser une telle course à ce niveau de qualité avec une si petite équipe (comparée à d’autres courses du même acabit), c’est assez incroyable. Je peux comprendre que malgré les sollicitations pressentes, ils hésitent à remettre tout de suite le couvert avec une nouvelle édition non-stop ! Je leur tire en tout cas mon chapeau et les remercie mille fois de nous avoir offert cette aventure même si je n’ai pas pu voir tous les paysages que j’aurais souhaités 

 

 

Enfin en ce qui me concerne, j’ai l’impression d’être revenu d’entre les morts après les cols de l’Eychauda et de l’Aup Martin et je ne suis pas peu fier d’avoir redressé la barre pour terminer la boucle sur les chapeaux de roue (à une dizaine de minutes près, je fais jeu égal avec le vainqueur entre le col de Vallonpierre et l’arrivée). Une autre satisfaction : les pieds. Avec la pluie, pas mal de coureurs se sont retrouvés très handicapés par des ampoules ou des pieds qui brûlent sur la fin de parcours. Je n’ai pas connu ces problèmes : j’avais préparé les miens à la NOK les semaines précédant la course. Puis en course, j’ai changé systématiquement de chaussettes à chaque base-vie remettant de la crème chaque fois que possible. Tout cela a dû contribuer à m’éviter des soucis et devoir aller voir les podologues. En revanche les muscles et tendons ont quand même souffert bien vite en course, peut-être pas assez préparés à cause de mes soucis de genoux. Les arrêts kinés aux bases-vies étaient je pense indispensables pour moi et m’ont coûté pas mal de temps. Mais après tout, ces pauses plus longues que celles des autres coureurs arrivés avec moi m’ont sans doute été bénéfiques pour finir mieux (car on ne peut pas dire que le mal aux cuisses m’ait empêché de faire de belles descentes sur la fin !). Mes soucis digestifs et « coups de moins bien » ne sont eux pas 100% clairs pour moi aujourd’hui. Je manque encore d’expérience sur ces courses pour parfaitement analyser ça mais, bon j’ai quelques pistes à creuser… Globalement il faudra quand même du temps pour tout remettre en place, et le O’Festival et les championnats du monde de CO seront sans doute suivis en simple spectateur… Quant aux prochains objectifs trail, ils ne seront pas pour tout de suite non plus ! Repos !! 

Par Sprolls - Publié dans : Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 12:24


... aux 2Alpes ! A 2 jours du départ du TOE, je suis arrivé à la station. L'atmosphère est fraiche mais le soleil brille encore, avant la pluie prévue pour mardi après midi qui risque de de poursuivre mercredi... J'en profite pour une petite mise en jambe avec une grimpette sympa et technique sur Pied Mouttet au dessus de l'Alpe de Venosc où je me trouve pour écrire cette petite news :). Et surtout un magnifique panorama dont je vous livre seulement un petit extrait avec le Lac du Lauvitel. On va passer aux derniers préparatifs une fois redescendu et aux ajustements de matériel et de vêtements selon la météo. Et bien sûr se reposer ! Le retrait des dossards est pour demain et le départ mercredi à 8h...

Par Sprolls - Publié dans : Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 12:09

Quelques infos pour suivre en live le TOE pour ceux que ca intéresse: Le départ est pour mercredi prochain 8h du mat', l'arrivée sera… beaucoup plus tard, jeudi soir j'espère ! les adresses utiles:

Site de l'organisation (avec qqs liens en plus): http://www.smag-trail.com/pages/tour-de-l-oisans-et-des-ecrins-non-stop-3487574.html

 

Site pour le suivi des passages à différents check-points: http://chrono.geofp.com/toe2011/

Pas la peine de se précipiter, les 1ers passages au 1er check-point à la Grave n'auront pas lieu avant 13h/14h mercredi je pense ! Mon dossard sera le 177 si besoin.

 

Enfin, j'essaierai, si la météo le permet (c'est pas gagné de ce côté-là) et lorsqu'il y aura du réseau (pas très souvent dans les Écrins !), de mettre des news pendant la course sur twitter: http://twitter.com/Sprolls

 

Enfin, un pas de plus dans la geek runner attitude, il sera peut être parfois possible de suivre mon positionnement exact à l'adresse http://iphigénie.com/baliseGPS.html  en tapant l'identifiant "Sprolls" et le mot de passe "TOE". En théorie, quand l'application fonctionne, la position est rafraichie toutes les 10 min. Le pb est qu'envoyer la position (et faire fonctionner le GPS de l'Iphone) bouffe très vite la batterie et n'est possible que quand ça capte. Bref, si j'utilise cette fonctionnalité, ce sera juste une fois de temps en temps au mieux et selon le niveau de batterie restant !

Par Sprolls - Publié dans : Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 22:06

Le 1er WE de juillet représentait pour moi la partie finale de ma préparation au Tour de l’Oisans et des Ecrins, à savoir le repérage partiel du parcours. Bien que le reste de la préparation ne se soit pas aussi bien passé qu’en 2009 avant la Diagonale des Fous pour cause de chutes en course et de genou récalcitrant après mes 2 trails de préparation, j'ai tenu à conserver cette reconnaissance de la 2e partie du parcours (de Vallouise jusqu’aux 2 Alpes) prévue depuis quelques mois. Initialement planifiée avec Cyril de Raidlight, un changement de date m’a obligé à m’organiser une reco solo à la place de cette reco en groupe. Un repérage qui aura été tout bénéf puisqu’il m’aura permis de :

  • Repérer une partie du parcours qui ne sera pas balisé lorsqu’il suivra le GR 54 (en particulier les parties risquant d’être effectuées de nuit). Presque l’aspect le moins important finalement car avec la trace fournie par l’orga sur un GPS avec cartographie précise, il m’a paru presque impossible de s’égarer !
  • Faire un sacré entrainement spécifique (allure proche de celle de course avec un sac assez proche aussi) et sur terrain on en peut plus spécifique ! ;) En tout environ 110km et pas loin de 9000m de D+ sur 3 jours !
  • Tester le matos (le GPS en particulier, els endroits où le portable capte), la boisson, la nourriture,
  • Et surtout profiter des paysages du parcours que je ne connais pas et que je risque de traverser de nuit en particulier. Encore fallait-il qu’il fasse beau et ce fut globalement le cas, youhou !

 

Plus en détail, ça s’est passé comme ça :

 

Départ de Paris samedi soir, prêt pour ma rando de 3 jours, avec mon sac sur le dos !! Je prends le train de nuit vers Briançon avec une colo et me retrouve à 9h à L’Argentière-la-Bessée avec mes 7-8 kg sur le dos. Les navettes vers Vallouise ne débutent que demain, j’ai donc décidé d’y aller à pied en évitant le fond de vallée, histoire de faire un vrai warm-up avec du dénivelé !!

01 Gare Argentière

04 au-dessus de l'Argentière

Une 1ère bonne grimpette depuis la gare vers le Champ des Ans 600m plus haut et traversée en forêt jusqu’à Vallouise avec déjà quelques vues vers le Pelvoux et la vallon de Chambran d’où nous viendrons pendant le TOE.

06 Puy St Vincent

Le temps d’un sandwich fromage à Vallouise et je pars vers la longue montée du Col de l’Aup Martin qui permet d’apprécier tout le panel de la végétation de montagne et de son évolution avec l’altitude : normal on part de 1100m pour terminer à près de 2800m.

08 Base vie Vallouise

La base vie de Vallouise

 

09 Vallouise

 

Le début vers Entraigues se passe sur une petite route bitumée sur près de 8km ! Je craignais un passage monotone mais finalement le vallon est boisé, très joli, avec le bruit rafraichissant du ruisseau en contrebas. « Rafraichissant » c’est une image, il est midi et ça cogne dur en fait !

12 Vers Entraigues

Après Entraigues, on passe sur sentier, les arbres se font plus rares, plus bas, les aulnes remplacent de plus en plus les pins et mélèzes, puis on arrive aux alpages et mes premiers troupeaux qui ont un certain succès auprès des rares randonneurs présents dans le vallon.

13 Entraigues

 

Puis la pente s’accentue, sans être trop raide, des marmottes farouches commencent à sprinter à mon arrivée peu discrète mes bâtons à la main. La caillasse se fait de plus en plus présente et l’ascension se termine en apothéose avec un mur de schiste extrêmement raide avec un sentier difficile. Les derniers névés ont tout juste fondus et le sol est parfois une espèce de bouillasse schisteuse qui rend, combiné avec l’altitude, la progression bien lente ! Une fin de col vraiment difficile !


17 Vers Aup Martin

18 Vers Aup Martin

 

Je profite du paysage malgré le vent froid qui souffle ici. La civilisation est vraiment lointaine, de tous côtés !

 19 Vue du haut Aup Martin

20 Vers Pas Cavale

J’attaque la traversée vers le Pas de la Cavale (le seul endroit depuis Vallouise où ça capte un tout tout petit peu chez Orange avant la Chapelle en Valgaudemard, c’est bon à savoir ;) ) puis la descente pour rejoindre le refuge du Pré de la Chaumette où j’ai prévu de dormir ce soir. J’ai décidé de faire toutes les descentes tranquillou, surtout quand la pente est forte, à cause de ma gêne tendineuse au genou droit qui me suit depuis fin mai. J’y vais donc mollo, et bien que la montée du col du Cheval de Bois me fasse de l’œil, je résiste à la tentation d’en faire trop et me contente de mes 900m de descente soutenue mais agréable. Le sentier est assez bien marqué hormis 2 petites zones, pas trop technique. Il faudra quand même être prudent de nuit mais elle devrait faire partie des descentes où je me ferai plaisir en course 

 

21 Chabourneou


Bilan de la journée : environ 33km et 2350m de D+

 

Farniente au soleil et causette au refuge. On est une dizaine de personnes, c’est le début des vacances et plus de monde devrait arriver d’ici une semaine. La météo annonce des orages pour l’après midi du lendemain, je décide donc de partir au point du jour pour arriver avant eux au Désert en Valjouffrey. Pas de chance, c’est mon étape la plus longue et le réveil à 4h45 pique les yeux…

 

Départ à 5h30 comme prévu, juste le temps d’apercevoir un premier chamois juste au-dessus du refuge (l’avantage de partir le 1er !), puis 5 minutes plus tard demi-tour pour récupérer les bâtons oubliés dans la chambre avec la pénombre… Le boulet ! Le ciel est couvert mais laisse encore passer un peu de soleil parfois. La montée est régulière, sur un bon sentier avec bien sûr quand même pas mal de cailloux entre les alpages et les bruyères, raide mais pas trop (je me comprends ;) ) et permet de marcher d’un bon pas.


01 Vers Valette

02 Vers Valette

 

Arrivé presque au sommet du col de la Vallette, au pied du Sirac, j’aperçois encore 2 chamois qui se carapatent mais que je retrouve dans la descente ! Il y en a un qui n’est pas farouche et se laisse approcher comme je n’avais jamais pu le faire encore ! Puis en regardant en contrebas, j’aperçois qui passent en courant un puis 2 puis 3 puis… une dizaine de chamois au bas mot. Et rebelotte au début de la montée du col de Gouiran : encore une dizaine qui s’éloignent sur les crêtes. Enfin, juste au monent d’atteindre le col de Gouiran et de basculer de l’autre côte je me retrouve nez à nez avec 6 ou 7 autres qui déguerpissent aussi sec ! Incroyable ! Je crois que j’ai trouvé LE spot à chamois du coin, ou bien j’étais juste au bon endroit au bon moment.

 

05 ChamoisLe chamois que j'ai vu de plus près

 

06 Vers Vallonpierre

 

Bref et le parcours dans tout ça ? La descente du col de la Vallette dans les schistes n'est pas terrible mais le reste sans souci. Des montées et descentes courtes, c’est presque reposant. Les montagnes russes se terminent au col de Vallonpierre où la vue mérite de se poser un peu malgré la fraîcheur du matin.


09 Vers le Valgaudemard

La descente est plutôt tranquille, pas méchante et les chamois cèdent la place aux marmottes. Je dois faire faire quelques crises cardiaques à ces pauvres bêtes quand je surgis devant elles sans prévenir. Car le genou va assez bien et du coup, contrairement à hier, je laisse un peu plus aller en descente, ce qui est ma foi bien agréable. Je croise les randonneurs du matin partis du refuge rejoindre le col en sens contraire. Juste le temps de remplir le Kmel back et je repars dans la longue descente vers la Chapelle en Valgau. Les nuages s’épaississent un peu…

 


12 descente Vallonpierre

 

La descente d’abord assez raide rejoins le fond de vallée et devient un peu longuette jusqu’au refuge du Clot. On remonte sur la petite route au-dessus pour 7km de descente environ. L’avantage, c’est que ça accélère le train ! On a droit à une jolie cascade en route.

14 vers la Chapelle 15 vers la Chapelle

 

Pour gagner du temps j’achète un sandwich à la Chapelle et continue vers Villar Loubière tranquillement. La montée vers le col de Vaurze commence sèchement. Heureusement que c’est couvert car sous le soleil, ce passage doit être bien chaud. L’érosion fait de jolies paysages en face.

 

16 debut montée Vaurze

17 vers Vaurze

Après de nombreux virages dans une pente toujours soutenue et quelques passages agréables en sous-bois, on débouche enfin sur le refuge des Souffles. J’y fais juste le plein d’eau et repars aussitôt. On traverse à flanc avec quelques montées descentes et traversées de ravines et torrents.

 

19 refuge des Souffles

22 vers Vaurze

On s’approche enfin du col avec une fin de montée à nouveau bien raide. L’accumulation de l’effort de cette très longue ascension (1500m de D+ à lui tout seul) et de la journée en général se fait clairement sentir et le sommet arrive avec soulagement. J’ai aussi été un peu léger sur la boisson et l’alimentation et j’arrive donc un peu vidé. On aperçoit de là la suite de cet enchainement terrible de fin de TOE avec Côte Belle en face et même le col de la Muzelle derrière.

25 vers cote belle

 

Mais pour moi c’est fini pour aujourd’hui… ou presque car il reste les 1250m de descente qui ne sont pas piqués des vers !! Le début ultra raide dans le schiste me laisse penser que je préfère malgré tout la descendre plutôt que la monter cette pente ! Cela dit, la descente va laisser des traces par sa longueur, sa pente et sa technicité avec beaucoup de cailloux tout le long ou presque. Je la descends prudemment pour ménager mon genou droit, plus cool que celle du col de Vallonpierre ce matin, et pourtant vers la fin je commence à sentir une gêne cette fois au-dessus du pied gauche : sans doute un début de tendinite du muscle releveur du pied. En v’là une autre ! Mes jambes n’aiment plus les descentes ?! J’ai peut-être trop compensé ou bien pas assez bu. En tout cas, c’est un vrai soulagement d’arriver en bas après une grosse journée de 9h30 et il faudra un gros moral pour enchaîner avec la montée de Côte Belle le jour J !!

26 descente Vaurze

 

Je dors au gite d’étape du Désert en Valjouffrey en compagnie de 2 jeunes retraités du Vaucluse que j’ai dépassé dans la descente. Pas mal de papotage et un bon repas au bar resto du village et je me couche avec les poules vers 21h30, bien vanné par la journée (44km et 2900m de D+) et un peu inquiet pour cette tendinite vu le dénivelé qui me reste demain.

 

30 Le Desert

 

Réveil pour ce dernier jour juste avant 6h. Cette fois je pense à prendre les bâtons avant de partir vers le col de Côte Belle. On abandonne les pentes rocailleuses des dernières ascensions pour un paysage d’herbe grasse. Pourtant pas de trace de troupeau.

29 vers Cote Belle

La montée n’est pas technique mais ça commence franchement raide ! La 2ème moitié l’est un peu moins mais bon, ça reste costaud. Avec la fraicheur du matin, c’est une montée bien agréable. Du sommet venteux, avec la Muzelle en face, on pense déjà à l’arrivée aux 2 Alpes, toute proche en distance mais avec encore plus de 2000m de montée à effectuer !

 01 Cote Belle

03 cote belle

02 Cote Belle

 

05 vers Muzelle

La descente est facile sur la plus grande partie, d’abord en alpage puis dans les arbres avec un bon sentier « souple » et encore quelques belle manifestation d’érosion. Elle devient plus caillouteuse sur le bas mais sans commune mesure avec la descente du col de Vaurze. Ma tendinite ne se fait pas sentir, le muscle doit être chaud donc je peux descendre à assez bon rythme. On rejoint la bifurcation vers le col de la Muzelle, mais je fais l’aller-retour, comme ce sera le cas pour le TOE, par Valsenestre pour faire le plein d’eau car la montée qui suit s’annonce chaude !

 


08 Valsenestre

La base-vie (je crois !) de Valsenestre


Effectivement, le col de la Muzelle est à la hauteur de sa réputation. Je ne sais pas si c’est le plus difficile care le col de Vaurze est lui aussi bien costaud, mais c’est à coup sûr le plus raide de ma reconnaissance. La partie finale et son impressionnante montée dans les schistes est cependant facilitée par les travaux récemment conduit pour mieux tracer le sentier.

 

11 vers Muzelle

14 vers Muzelle 16 Muzelle

 

Au sommet, on aperçoit l’objectif : les 2 Alpes ! Le vallon vers le lac de la Muzelle est très joli et quelques névés rendent la descente assez ludique, en tout cas plus que les gros blocs de caillasses que le chemin traverse parfois. Je suis en avance, les jambes ont bien tourné, alors je m’arrête au refuge déguster une excellente tourte aux pommes de terre.

17 Muzelle18 descente Muzelle

20 roche Muzelle

La contemplation du paysage et du col du Vallon me donne l’idée de me faire une petite grimpette en plus pour apercevoir le lac du Lauvitel. Hop, c’est parti dès la tourte engloutie ! En fait, on voit peu le lac mais on a une vue sublime sur le vallon de la Muzelle, la Meije et la barre des Ecrins au loin. Ça valait le coup !


21 vers Lauvitel22 Meije et Barre des Ecrins23 Refuge Muzelle

Je redescends au refuge et poursuit vers Bourg d’Arud et Venosc. C’est encore une longue descente, parfois assez caillouteuse et qui risque de sembler interminable, bien qu’elle descende franchement, à la fin du TOE ! Par contre on profite des facéties du torrent avec quelques jolies cascades. La chaleur se fait aussi bien sentir !

 

25 descente Muzelle

26 descente Muzelle

Arrivé à Bourg d’Arud, une courte portion de route amène au télécabine de Venosc et c’est parti pour la dernière grimpette ! Elle est assez soutenue et surtout il fait très chaud !!

27 vers 2 Alpes

30 vers 2 Alpes

31 vers 2 Alpes

 

Des panneaux du sentier découverte que constitue la montée font le décompte de l’approche du sommet, les derniers efforts avant d’apercevoir la gare d’arrivée du télécabine et de déboucher dans les rues de la station. Au total environ 33km et 3600m de D+ pour cette dernière journée de près de 8h30 !

33 Arrivée 2 alpes

Je suis dans les temps pour prendre le bus de Grenoble et retourner vers la capitale après cette parenthèse montagneuse qui valait le coup ! La forme, ou plutôt l’endurance, semble au rendez-vous, car je me suis senti très bien sur ce 3e jour malgré l’accumulation du dénivelé. Désormais, c’est repos ! Il va falloir récupérer et surtout espérer que ces tendinites et autres petits soucis physiques disparaissent pour de bon avant la course dans moins de 3 semaines maintenant, histoire de profiter en pleine possession de mes moyens de cette belle aventure qui s’annonce…

Par Sprolls - Publié dans : Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011
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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 18:37

Pas de course ce week-end, je viens de rentrer dans ce qu’on pourrait appeler la phase de préparation spécifique au Tour de l'Oisans et des Ecrins: le gros de l’entraînement doit maintenant consister à travailler le dénivelée sur des sorties longues et à vitesse faible !

Avec au programme le Grand Raid 73 comme course de préparation restante (le 20 mai) et une reco de la 2e partie du parcours du TOE prévue début juillet. Du coup pour se motiver, voici une petite analyse du tracé du TOE, avec pour commencer le profil et la carte générale du tracé (merci à Yannick74 pour la trace préliminaire non officielle de la course. Kilométrage sous estimé et dénivelé surestimé a priori). Quel parcours de rêve ! Ça va faire mal mais quand même, quel parcours de rêve… 180km, 12000m de dénivelée en 10 grosses ascensions :

 

 

Comme je n'arrive pas à le faire apparaître la carte directement dans le corps de l'article (pas le droit parce que j'ai pas assez de visiteurs sur mon blog, snif), voici également le profil et le tracé sur carte fixe directement, à l'ancienne , sur la base des infos du site de l'organisation (à voir aussi ne serait-ce que pour les photos et leur propre analyse du parcours: http://www.smag-trail.com/pages/description-du-parcours-3939257.html.

 

EDIT du 7/05: il y a même maintenant un road-book en ligne très joli préparé par l'organisation

 

Profil TOE2011new

 

GénéralPour arriver à lire quelquechose, il faut cliquer sur les images... 

 

 J'ai repris les chiffres ci-dessous (avec quand même encore quelques doutes à partir de Côte Belle sur le kilométrage exact de la fin du parcours):


Tableau parcours TOE

 

Maintenant voici ma perception de ce tracé avec les cartes IGN comme support:

 

Départ des 2 Alpes :

Bon, ça ne va pas être le plus beau passage du tracé mais la station offrira j’espère une ambiance sympa pour le départ. On commence par de la descente, en principe la garantie pour moi de faire un bout de course tout près de la tête pour le passage au Freney-en-Oisans, en fond de vallée de la Romanche après 5km.

 

Cliquer sur les cartes pour avoir un zoom:

Départbig

 

1ère ascension : Col de Sarenne (18e km), D+ total ~ 1200m.

Un nom bien connu des familiers de l’Alpe d’Huez et sa piste de ski bien connue. Montée en 2 temps, d’abord assez raide à travers des hameaux perchés sur le flanc adret de la vallée encaissée de la Romanche. Puis on bascule dans le vallon de la célèbre piste de ski pour une montée roulante et peu pentue vers le Col de Sarenne. Cette partie ne me sera sans doute pas trop favorable (montée roulante où il faut courir, pas mon terrain de prédilection) et j’aurai donc dit adieu aux avant-postes. En revanche la descente me semble bien raide et bien sympathique.

Col de Sarenne big

 

2ème ascension : Col du Souchet / Plateau d’Emparis (33e km), D+ total ~1200m.

Une montée sèche vers le Plateau d’Emparis puis un balcon sur le plateau que je connais bien et où le plus important sera de s’imprégner du paysage somptueux offert sur le massif de la Meije (s’il fait beau) avant la grimpette finale vers le col. La descente vers la Grave sera du même tonneau paysager mais bien pentue, attention à ne pas se cramer les cuisseaux trop tôt ! Si le beau temps est au rendez-vous, il pourrait commencer à faire bien chaud.

Col du Souchet big

 

3ème ascension : Col d’Arsine (55e km), D+ total ~1000m.

Un col au loooong cheminement certes magnifique mais qui est sans doute un de ceux qui me conviendront le moins car peu raide en moyenne et nécessitant de bien courir si on veut limiter les écarts (bah oui ça reste une course quand même). Tout ça sans un arbre pour se donner un peu d'ombre. La descente vers le Casset est annoncée technique et devrait être plus à mon goût. Au Monêtier se trouvera la 1ère base vie, de quoi voir où on en est après ce gros premier tiers de course.

Col d'Arsine big

 

4ème ascension : Col de l’Eychauda (71e km), D+ total ~1000m.

On arrive sur des chemins que je ne connais pas bien. Départ dans les arbres avant de rejoindre le domaine skiable de Serre-Chevalier. A priori pas la montée la plus difficile mais méfiance… La descente en revanche sera très longue jusqu’à Vallouise et risque de puiser dans les réserves. Vallouise sera le point de mi-parcours et de non-retour ! Ca après on entre dans le véritable no man’s land sauvage du Parc des Ecrins, bref une étape clé où il faudra encore être en forme car le plus dur, le plus beau, le plus plus, bref ce qui fait de ce parcours un tracé mythique, arrive maintenant ! Si le règlement l’y autorise je pense prendre des bâtons à partir de là (voire dès  le Monêtier). En cas de très mauvaise météo, on risque de faire demi-tour à ce stade pour rentrer sur nos pas, ce qui serait dommage certes, mais effectivement mieux pour la sécurité ou plus sympa qu’une interruption pure et simple de la course si les conditions ne soient pas non plus dantesques…

Col de l'Eychauda big

 

5ème ascension : Col de l’Aup Martin (102e km), D+ total ~1600m.

Le morceau de bravoure de la course je pense, avec une très longue approche peu pentue en fond de vallée qui risque de paraître interminable avant une fin raide et glissante pour pas loin de 20km d’ascension ! On est loin de tout, en pleine montagne, sans doute de nuit. Bref il faudra que le moral soit bon au départ de Vallouise, surtout en connaissant la suite… L’idée de finir la course pourra tout juste commencer à prendre un sens une fois en haut du col. Celui-là j’essaierai de venir le repérer à l’avance avant la course, début juillet (mais il paraît qu’il est enneigé très tard). La descente devrait être bien sympa et sans doute un peu technique jusqu’au refuge de Pré Chaumette, toujours au cœur des Ecrins et loin de toute civilisation. J'ai hâte de traverser ce coin, seul dans la nuit, ça devrait être magique !!

Col de l'Aup Martin big

 

6ème ascension : Col de Vallonpierre (116e km), D+ total ~1200m.

En fait ce sont 3 cols : une grosse montée vers le Col de Valette puis 2 descentes et remontées courtes vers le col de Gouiran et de Vallonpierre. On arrive dans ces montées très raides qui caractérisent la 2ème moitié du parcours : il faudra du cuisseau, ce qui est normalement mon cas . Bref on entre sur la partie où j’espère être le plus efficace si j’ai bien su gérer le début du parcours, évidemment. La descente vers la Chapelle en Valgaudemar et la 3ème base vie sera très longue et pas évidente à gérer pour l’enchaînement de cols qui va suivre, car il en reste encore 4 !!

Col de Vallonpierre big

 

 

7ème ascension : Col de Vaurze (147e km), D+ total ~1500m.

Le 2nd morceau de bravoure après l’Aup Martin mais tout de même nettement plus raide en moyenne. Le terrain est maintenant bien technique à la montée comme à la descente ! Il s’agit visiblement d’un des très beaux passages de la course. J’espère que le beau temps sera au rendez-vous ! Le col de Vaurze est aussi un point clé du parcours car il est le premier de 3 cols très difficiles et très rapprochés qui devraient faire des différences de temps considérables entre ceux qui seront dans le dur et ceux qui auront gardé de l'énergie sous la semelle malgré les 130km déjà couverts ! 

Col de Vaurze big

 

8ème ascension : Côte Belle (156e km), D+ total ~1000m.

Seulement 1000m à monter ?! Il va presque paraître court celui-là . C’est une des particularités du parcours par rapport à la plupart des autres ultra-trails : ses ascensions ont toutes un énorme dénivelé. Cet aspect est très difficile à retrouver sur les courses de préparation (et sur mes terrains d'entrainement parisiens encore plus ) mais il faudra s’y préparer au moins mentalement. Cette ascension sera aussi très raide. Idem pour la descente, avec tout de même un peu de répit pour rejoindre Valsenestre, la dernière base-vie.

Côte Belle big

 

9ème ascension : Col de la Muzelle (170e km), D+ total ~1300m.

Celle-là se fera avec l’arrivée proche à l’esprit tout du long je pense. Proche mais pas encore là. Cette montée sera extrêmement raide, notamment les derniers 300m qui devraient être un drôle de moment à passer avec 170km dans les jambes !? J’espère néanmoins avoir encore des cuisses pour la dernière très longue descente qui suivra. Mon seul regret : il y aura une dernière ascension qui m’obligera à préserver un tout petit peu mes cuisses et ne pas faire la descente complètement à fond comme j’aime le faire à la fin d’un trail. Damned ! En même temps, si j’arrive là le jour J (+1 ou 2…) et que c’est mon seul souci à ce moment, on pourra dire que j’ai réussi ma course

Col de la Muzelle big

 

10ème ascension : Arrivée aux 2 Alpes, D+ ~700m.

Le sprint d’arrivée ! A faire à 4 pattes ou en rampant s’il le faut, avec l'énorme motivation de boucler ce superbe tour. Je me demande si elle va paraître longue ou courte celle-là ! ça va dépendre des jambes et de la tête sans doute…

 

Et là, la boucle sera bouclée. Beau programme, non ?

Par Sprolls - Publié dans : Tour de l'Oisans et des Ecrins 2011
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