Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:20

C’est un compte-rendu marathon, comme la course elle-même, un ultra-compte-rendu que j’ai écrit pour raconter mon défi de 2009 : le Grand Raid de la Réunion, souvent mieux connu sous le nom de Diagonale des Fous. Mais il fallait bien ça pour évoquer ces 150km pour 9000m de dénivelée ! J’ai décidé de raconter la course mais aussi les grandes lignes de ma préparation à cette course qui m’a « occupé » plus d’une année. Et puis j'ai finalement mis ça sous forme de blog pour avoir textes, images et vidéos, bref un récit convivial à lire, pour vivre avec son temps . L'ordre des articles est normalement l'ordre logique (sauf si j'ai merdoyé avec l'informatique...) pour permettre une lecture linéaire et chronologique.

 

Le récit de la course se trouve un peu plus bas, pour aller à l'essentiel (qui est déjà bien long !). Cela dit, raconter cette phase de préparation fait sens pour moi car un trail commence bien avant le coup de feu du départ, pour moi comme pour beaucoup d’autres à en croire un certain nombre de témoignages que j’ai pu lire. Des mois avant. On commence à en entendre parler d’une course, à entendre des témoignages, lire des articles et des récits de l’intérieur, voir des images de paysages qui d’emblée nous transportent. Puis vient le moment où y participer devient une envie difficile à freiner, une évidente nécessité. Cela peut être immédiat mais cela prend généralement un certain temps chez moi. L’envie vague et indéfinie de faire un jour cette course devient une évidence irréfutable que l’on ne peut plus remettre au lendemain. Un déclic en somme. C’est à ce moment précis que commence la course, dans ma tête au moins ! J’ai eu envie de faire, un jour, le Grand Raid de la Réunion dès que j’en ai entendu parler, il doit y avoir pas loin de 10 ans maintenant ! Mais c’est en visitant la Réunion en mai 2008 que cette envie floue s’est concrétisée brutalement. Un pari pour rire comme déclencheur. Les paysages tellement variés, les sentiers caillouteux, cassants, raides, la traversée d’une île de la mer à la mer (ou presque)… Bref l’idée s’est matérialisée : cette course est faite pour moi par son terrain technique : c’est l’ultra-trail qu’il me faut !

 

Cela dit ce genre de défi ne s’improvisant pas, je me suis donné un peu plus d’un an pour me préparer au mieux de mes capacités à affronter cette course. Mais depuis cette date je me suis projeté en octobre 2009 : la course a commencé dans ma tête. D’abord, analyse du parcours 2008 sur cartes IGN : évidemment la distance fait peur. J’ai déjà couru avec succès la 6000D en 2006, sur le même genre d’envie. Mais sur une échelle de temps réduite, seulement 2 mois de préparation. Le GRR c’est 3 fois la 6000D, tant en longueur qu’en dénivelée, et je n’ai pas remis le couvert sur trail depuis 2006 après avoir découvert la course d’orientation. Certes le foncier devrait suivre car je cours beaucoup mais on change de dimension. L’accumulation de montées et de descentes n’a plus rien à voir, je dois habituer mon corps à cet effort exceptionnel. La découverte de la Réunion m’a aussi permis de mesurer la technicité du terrain : pas un chemin qui ne soit couvert de rochers, cailloux, racines, d’une multitude de marches pour contrer l’érosion qui a formé les paysages si particuliers de l’île. Pour le coup c’est un terrain fait pour moi avec mon pied montagnard de parisien (si, si, ça arrive ), renforcé par l’expérience de la course en tout terrain que me procure la CO. Mais je dois m’y préparer également sur trail.

 

Rapidement, je commence à me construire un programme de préparation devant me permettre d’arriver aussi rodé que possible au départ de la Diagonale des Fous. Petit-à-petit je construis une stratégie de courses de préparation sur plus d’un an ! D’abord, réapprendre le trail et la montagne à l’automne, découvrir l’effort de très (très) longue haleine, puis me rapprocher autant que possible du terrain réunionnais et de la longueur de la course à travers quelques trails bien choisis. Mais ces courses de préparation restent des objectifs majeurs à part entière. Je ne vais choisir que des épreuves pour lesquelles le même déclic que pour le GRR aura lieu. Une très forte envie de les courir et de les finir. Pas une course histoire de faire une course. En passant en revue à peu près toute les courses possibles et imaginables en France, j’en ressors avec le programme suivant : Trail des Alpes Maritimes, Raid 28, Trail de la Sainte Victoire, Grand Raid du Mercantour et Grand Trail des Pyrénées. J’y ajouterai en cours d’année le Championnat du Canigou.

Par Sprolls - Publié dans : Grand Raid de la Réunion 2009
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:19

Eté à Octobre 2008 : Redécouvrir le trail. Objectif : Trail des Alpes Maritimes.

L’objectif est de redécouvrir le trail sur une distance a peu près équivalente à celle de la 6000D. Peu de temps de disponible hélas pour me préparer suffisamment sérieusement. Après avoir hésité avec le Trail des Aiguilles rouges, je choisis le tout nouveau trail des Alpes Maritimes pour son profil descendant plus light et où je devrais pouvoir me faire plaisir. L’arrivée sur la mer et l’existence d’un challenge descendeur, qui sera aussi le moyen de tester la résistance des cuisses, achève de me convaincre. Le bilan de la course est que mes cuisses ne sont pas prêtes à ce moment à encaisser 9000m de dénivelée en descente à bloc (bien qu’elles se débrouillent sur les 4000m de D- de la course, me permettant de gagner le challenge descendeur, mais très largement au détriment des ascensions…). Je subis une très grosse défaillance dans la montée la plus difficile du parcours à mi-course, les cuisses tétanisées par les 2 grosses descentes précédentes et une absence d’énergie sans doute due à une alimentation insuffisante. Après avoir entrevu l’abandon (en me disant que si j’abandonnais sur cette course, comment pourrais-je envisager de terminer la Diagonale…), je parviens à finir tant bien que mal la course à une honorable place malgré tout. J’y récupère aussi les pires courbatures aux cuisses que j’ai jamais eues, preuve du besoin de préparation spécifique pour ce genre de course et du travail à faire pour l’année qui vient. De bonnes leçons, donc, à tirer sur la préparation des futurs trails qui devra être plus poussée.

 

Novembre 2008 à Janvier 2009 : Découvrir l’ultra-endurance. Objectif : Raid 28.

L’objectif est cette fois de découvrir la très longue distance, sans dénivelée pour le moment. En tant qu’orienteur et traileur, le Raid 28 est une course de référence qui devient tout naturellement un passage obligé de ma préparation. Il se court à domicile en plus, le départ étant à 10 minutes de là où j’ai grandi. Le reste de l’automne, suivant le trail des Alpes Maritimes, est donc consacré à la course d’orientation et à la reprise des sorties longues d’endurance. J’arrive cette fois à la course en très bonne forme et très impatient, ce qui a normalement tendance à me griser et donc me griller sur les débuts de course. L’avantage du Raid 28, c’est qu’il se court en équipe. Mon allure est donc régulée par l’expérience de mes coéquipiers. Les vertus de la régularité s’illustrent sur notre course par une belle remontée au classement jusqu’à la 2ème place après un départ prudent. Je finis la course en assez bonne condition physique, malgré des crampes d’estomac sur la 1ère partie de course dues à un repas trop lourd trop proche du départ. Une grosse satisfaction quant à ma capacité à tenir la distance. En revanche mon genou droit garde durant près d’un mois une inflammation au niveau de la rotule qui m’inquiète un temps pour la suite du programme, mais sans conséquence au final.

 

Févier à Avril 2009 : S’entrainer au dénivelé. Objectif : Trail de la Sainte Victoire.

Il s’agit de rentrer dans le vif du sujet à 6 mois du GRR en privilégiant le travail en côte avec succession de petites côtes à l’entrainement (le mieux que l’on puisse faire en région parisienne). J’ai choisi de participer au trail de la Sainte Victoire en particulier pour la technicité du terrain que j’ai déjà pu pratiquer en rando. La face sud est raide et très rocheuse, en plein cagnard (ce que j‘ai généralement du mal à supporter). Bref c’est un premier test sur terrain similaire pour mesurer le travail encore nécessaire pour les mois d’entrainement à venir. Accessoirement c’est un site magnifique à 15 minutes de chez ma sœur, ce qui ne gâche rien !

A nouveau je manque un peu de dénivelé dans ma préparation spécifique pour la course en partie à cause de mon mal de genou issu du raid 28 qui aura retardé ma reprise. A partir de l’analyse du parcours et de mes expériences précédentes, j’estime pouvoir mettre entre 6h et 6h30. L’objectif est aussi surtout d’arriver à bien gérer le début de course (la montée et surtout la descente) pour ne pas me griller comme dans les Alpes Maritimes. Au final l’objectif est rempli en 6h05, malgré une grosse chaleur qui m’aura fait souffrir sur la fin, et avec une 20ème place inattendue. Surtout je gère bien ma course en partant relativement prudemment (sauf la 1ère descente où j’allume encore un peu trop les cuisses mais sans conséquence majeure), ce qui me permettra de ne faire que gagner des places tout au long de la course. Bref la forme est au rendez-vous et la confiance au beau fixe.

 

Avril à Juin 2009 : Arriver à combiner très longue distance et dénivelé. Objectif : Grand Raid du Mercantour.

Cette fois, le but est de faire un vrai test pour la Réunion, juste un peu plus court. Mon objectif sera le Grand raid du Mercantour : une course mythique avec à nouveau des paysages sauvages à couper le souffle et un terrain rocheux, technique à souhait, parfait pour se préparer à la Réunion. Comme elle ne se court que tous les 2 ans et qu’elle est déjà très renommée, les préinscriptions s’arrachent littéralement en une matinée. Mais j’ai mon sésame. Cette fois c’est 100km et 6800m de dénivelée finalement ramenés, en raison de la neige persistante suite à un hiver exceptionnel, à 80km et 5700m de D+ environ. Le morceau est un peu moins gros mais demeure un sacré challenge et un test grandeur nature pour la Réunion.

Pendant ma préparation j’arrive à caler quelques sorties en montagne (Puy de Dôme, Moucherotte à Grenoble). Si mon bilan sportif sur cette course est plus que positif, puisque j’ai très bien résisté sur cette distance nouvelle sans trop souffrir ni musculairement ni au niveau des articulations et finir dans les 10 premiers, cette course demeurera surtout un drame pour les familles de 3 coureurs décédés dans la nuit sous les effets combinés de circonstances exceptionnelles (brouillard, froid, neige et sans doute une chute collective…). Par extension elle reste une expérience tragique pour tous ceux qui y ont participé dans la joie et à la bonne humeur avant de connaître cet épilogue douloureux.

 

Juillet à Octobre 2009 : Préparation spécifique !

Je commence en juillet ce que je considère comme la préparation spécifique à la Diagonale des Fous. 4 mois assez intensifs rythmés par de grosses sorties/courses en montagne tous les mois dans les Pyrénées.

 

Juillet. Objectif : Course du Canigou

Après le test du Mercantour, 2 semaines de pause et une reprise un peu dure, je commence un 1er cycle de charge qui débute par une course d’orientation par étapes sur 4 jours en Foret de Fontainebleau (vers les 25 bosses, donc ça compte presque comme de la montagne ;-) ), qui se poursuit avec, à vrai dire, des sensation moyennes, un sentiment de fatigue malgré la coupure post Mercantour, et qui se termine dans les Pyrénées Orientales. Un déplacement à Toulouse début août programmé à la fin du printemps me donne l’occasion de faire un WE de préparation dans le coin. Ça tombe bien, il y a le championnat du Canigou !

Trop courte pour être vraiment représentative de l’effort d’un GRR, je ne l’avais pas cochée initialement dans mon calendrier. Pourtant son profil pyramidal me plaisait particulièrement (comme celui de la 6000D), car permettant de descendre sans retenue (ce que je préfère en trail), et je guettais depuis 2006 l’opportunité d’y participer. Je cherche à la considérer comme une sortie longue et, du coup, programme une sortie en mode rando rapide au Pic Carlit la veille. Les jambes un peu lourdes du dimanche matin devant m’aider à me « calmer » pendant la course, même si je sais que je ne résisterai sans doute pas à l’envie d’y aller à fond…. Effectivement je me prends tout de suite au jeu en partant sur les bases de mon objectif « rapide » en 4h. Malgré une fin d’ascension difficile, tout se passe bien et je boucle en 3h53 à la 39ème place après une belle descente. Visiblement, malgré les sensations moyennes à l’entrainement, la forme est toujours là et c’est tant mieux !

 

Août. Objectifs : Moyenne distance de CO et Grand Trail des Pyrénées.

J’avais initialement l’objectif de faire un dernier trail d’une cinquantaine de kilomètres en aout ou septembre. Il s’agissait aussi de « bouffer » du dénivelé. Parmi les dates restant possibles quand je fais sur le point sur la question à la fin du mois de mars, j’ai un nouveau déclic. J’ai entendu parler du Grand Trail des Pyrénées auparavant, petit frère du Grand Raid des Pyrénées, j’ai même des amis du GO78 qui se sont inscrits depuis déjà belle lurette mais je trouvais initialement la distance trop longue pour la récupération avant le GRR. En y regardant de plus près je me laisse aller à lire plus de comptes-rendus, regarder les photos, le parcours dans le Néouvielle, qui est bien technique par endroits également semble-t-il, et mon esprit s’y voit déjà. J’ai en plus organisé un raid là-bas quand j’étais étudiant, bref tout ça me parle ! Hop, je m’inscris juste avant la date limite. Cela me fera exactement un demi-GRR (distance et D+) !

Après la récup du Canigou dont la descente avait laissé de bonnes courbatures, reprise de l’entrainement (plus orienté course que côtes) puis petit tour aux championnats de France de CO en Bourgogne, surtout pour faire mon 1er « vrai » championnat de France, la moyenne distance (avec une réussite… moyenne : j’ai un peu trop mis de côté la technique d’orientation au profit du physique ces temps-ci), et pour faire du volume une semaine avant le GTP. Je ramène de ma semaine des bleus et des griffures un peu partout (normal pour de la CO…) mais surtout une fracture du métacarpe du petit doigt causée sur une mauvaise chute, qui heureusement a l’amabilité de ne pas me faire mal une fois maintenue, au repos. Mieux vaut le petit doigt de la main que la cheville me dis-je alors ! J’enchaine avec 5 jours de repos avant cette ultime course de préparation. Une fois encore ça se passe très bien, un peu moins de 11h pour boucler le parcours, même si la 2ème moitié de course s’est faite avec de mauvaises sensations, l’impression d’être dans toujours dans le dur, en souffrance, bien que je continuais à être tout-à-fait dans le rythme des autres… Etais-je mieux au Mercantour ou bien ai-je juste oublié la difficulté de ces épreuves ? J’en conclue une n-ième fois que pour 150km, il faudra partir tranquille de chez tranquille !

 

            Septembre/Octobre. Objectif : GRAND RAID DE LA REUNION !!!

Pas de compétition pour la phase finale de préparation, qui est cependant ponctuée par une belle sortie montagne dans les Pyrénées ariégeoises à l’occasion d’un mariage à Toulouse fin septembre, 4 semaines avant la course. Concernant l’entrainement, j’essaie, comme depuis le printemps, de me construire une véritable préparation à un terrain de montagne depuis Paris qui a l’air de bien fonctionner jusqu’à présent.

D’abord je continue à pratiquer mon sport de base : la course d’orientation (CO). J’assimile les entrainements (un par semaine en général) et les compétitions (il y en a presque tous les dimanches en région parisienne à partir de septembre) à des séances de résistance (45’ à 1h15 de course en général) qui permettent de maintenir un fond physique costaud tout au long de l’année et de faire travailler les chevilles pour les chemins techniques à venir (un peu trop parfois, les mini-entorses sont assez fréquentes pour moi).

Pour le foncier, la difficulté est toujours de trouver et de bouffer du dénivelé. J’ai essayé d’alterner les séances de fractionné, de préférence en côtes, (10x1’ en général) le midi près du boulot et les séances d’endurance fondamentale (1h30 en moyenne) avec soit un parcours plein de petites côtes dans les forêts des Yvelines (Guyancourt, Buc, Forêt de Meudon) le long de la ligne de train qui me ramène à Paris le soir après le boulot, soit des séances à monter / descendre la même côte assez raide de 50 à 100m de dénivelée pour cumuler un maximum de dénivelé. Beaucoup plus monotone mais plus efficace. En tout j’ai pu faire entre 3 et 4 sorties par semaine en moyenne dans ces périodes de charge.

Septembre se termine donc en Ariège pour une belle sortie montagne. Après pas mal d’hésitations, j’opte pour le Pic d’Estats au-dessus d’Auzat. Mon itinéraire emprunte notamment la partie haute du trail des 3000m ariégeois (une autre course dans le style du Canigou que j’ai repérée sans pouvoir y participer pour l’instant). Pas loin de 2500m de D+ en à peine plus de 20km, caillouteux à souhaits. Les chemins ainsi que l’altitude me font un peu souffrir, sans doute par manque de fraîcheur à cette date. J’enchaîne avec un 10km encourageant la semaine suivante, qui montre que je garde une bonne vitesse de base, avant de relâcher la pression de l’entrainement à J-10 pour récupérer et arriver frais au départ.

 

 

Par Sprolls - Publié dans : Grand Raid de la Réunion 2009
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:18
Les premières rumeurs sur la teneur du parcours 2009 du Grand Raid de la Réunion sont parvenues à mes oreilles (ou plutôt à mon écran) au printemps, avec le retour annoncée à la Roche Ecrite, un des remparts mythiques de la Réunion dans le cirque de Salazie. Mais pour protéger des tuit-tuits, oiseaux endémiques de la Réunion, nichant dans le secteur, l’organisation se rabat finalement sur le parcours 2008. Au moins, il y a des références horaires, et j’ai suivi de très près tous les comtes-rendus et les temps d’octobre dernier.

 

 

Au programme donc un départ en pente douce sur une piste forestière dans la forêt de Mare-Longue puis la montée droit dans la pente par un sentier boueux vers le bord de la caldeira du Piton de la Fournaise puis la Plaine des Sables, redescente vers la Plaine des Cafres à Mare-à-boue, montée au refuge du piton des Neiges, grosse descente vers Cilaos, montée au col du Taïbit pour l’entrée dans le cirque de Mafate où les montées successives plus ou moins longues vont s’enchainer et faire mal avec la fatigue qui s’accumule. Enfin la grosse montée vers le Piton Batard par Dos d’Ane avant une loooongue descente qui ne descend pas toujours jusqu’au stade de la Redoute à St Denis. Pour mon plus grand plaisir, je me suis plongé longuement dans les cartes du coin pour explorer le tracé. Ainsi, je connais le parcours presque sur le bout des doigts en me présentant au départ, bien que n’en ayant parcouru qu’une infime portion avant la course : psychologiquement ça compte d’avoir vu les très nombreuses petites montées « oubliées » par le profil officiel, notamment dans Mafate (même si j’en ai encore découvert de nouvelles pendant la course !). J’ai aussi lu des dizaines de comptes-rendus de course pour me mettre dans l’ambiance et en tirer quelques enseignements.
Par Sprolls - Publié dans : Grand Raid de la Réunion 2009
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:16

L’objectif ultime et absolu est de finir la course. Une caisse de champagne est en jeu alors on ne rigole pas avec ça  Et on ne fait pas 10000km en avion pour abandonner pour la 1ère fois une course ! Bon évidemment ça exclue les blessures, on n’est pas complètement barré non plus, mais la fatigue seule n’est pas un motif recevable, il y a du temps pour dormir, des ravitos pour se faire requinquer, etc…

 

Objectif secondaire, mais qui va notamment dicter la vitesse de course sur les premières heures : faire moins de 30h ! Je ne pensais pas mettre la barre aussi haut au début de ma préparation où j’envisageais quelquechose comme 36h/40h, mais mes bons résultats en trail de préparation m’incite à revoir mes ambitions à la hausse. J’évalue sur la base du parcours et des temps de l’année précédente mes temps de passage tout au long du parcours.

 

Se freiner, se freiner, se freiner, se freiner… Telle devra être ma devise sur la première moitié du parcours jusqu’à Cilaos au moins que je compte rejoindre, quand même, en un peu moins de 11h30. En montée je devrais y arriver sans trop de souci. En descente j’ai plus de mal à ne pas me laisser griser par le plaisir de dévaler et de rattraper un maximum de monde… Même si les cuisses ont bien résisté sur les courses de préparation, grâce à une bonne préparation, ici on double presque encore le dénivelé donc la prudence s’impose pour cette découverte. Je me prévois aussi des temps de passage larges pour les derniers kilomètres pour tenir compte d’une fin difficile physiquement. Et si j’arrive à maintenir le rythme je pourrais même faire mieux que 30h ! Voilà pour la théorie, qui va se révéler assez exacte, une fois n’est pas coutume.

Par Sprolls - Publié dans : Grand Raid de la Réunion 2009
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:15

L’arrivée à la Réunion est programmée une petite semaine avant le départ, le temps de se reposer et de profiter des vacances. J’arrive à Saint-Denis samedi matin pour rejoindre la Montagne et la maison de Claire et Gilbert, parents d’amis chez qui le projet est né l’an dernier et qui nous avait donné rendez-vous pour la course en 2009 ! Ils m’hébergent en attendant l’arrivée d’Oriane le lendemain. C’est aussi chez eux que j’atterrirai (et dormirai) juste après la course si tout se passe bien. La vue depuis le jardin sur l’arrivée au stade de la Redoute est imprenable !

 

Le stade de la Redoute, objectif final !

 

Après quelques jours de visites et ballades courtes entre St Denis et St Joseph pour profiter des vacances, avec en même temps un peu de reconnaissance du parcours au-dessus de Dos d’Ane et dans la dernière descente vers St-Denis (Plaine d’Affouches, Colorado), l’après midi du mercredi est consacré au retrait du dossard et surtout des nombreux cadeaux fournis par les partenaires du Grand Raid. J’y croise Sylvie, ma coéquipière du précédent (et du prochain !) Raid 28, qui s’est elle aussi lancée dans l’aventure et ses collègues de PSA venus en force à la Réunion.

 

« Vous êtes bien un fou, signez ici s’il vous plaît… »

 

Si le retrait du dossard (avec T-shirt officiel, débardeur officiel et casquette saharienne fournis) est vite réglé, une 1ère véritable épreuve d’ultra-endurance suit pour récupérer les lots partenaires : à peu près 250m de queue à faire (1h30 environ je pense) pour récupérer les sacs de haricots, pommades anti-frottements, saucisson, huile de massage, crème solaire, sac de plage, buff, j’en passe et des meilleurs. Déjà là, il ne faut rien lâcher et rester bien concentré sur l’objectif pour tenir le coup. En vrai on fait ce qu'on peut pour s'occuper (voir les vidéos) . D'ailleurs j’ai l’impression que Sylvie a renoncé devant l’ampleur de l’épreuve de patience, alors qu’elle n’a pas eu peur du Grand Raid lui-même, c’est tout dire !



Allez, une dernière vidéo, prémonitoire, sur laquelle on voit 2 favoris: Julien Chorier et Antoine (c'est ça son vrai prénom, vous comprendrez en voyant la vidéo) Guillon.

Notez que l'un gagnera la course et que l'autre finira 3ème. Dommage je ne réussirai pas à les accrocher


   

Le ciel nous viendra-t-il en aide ?

 

Ceci fait, retour au gîte de Petite Ile au-dessus de la plage de Grand’Anse (Les Embruns, tenu par Françoise Hoareau, qui a été très gentille avec nous), où nous avons installé nos quartiers d’avant-course. Nous sommes tout proche de St Joseph et du départ, dans le cadre superbe de la côte sud et sauvage et de l’île.

  La vue du jardin du gîte Les Embruns depuis la chambre. Vous avez trouvé la tortue ?

 

La journée de jeudi consacrée à la préparation du sac le matin et au repos le reste de la journée, car il parait que ce qui suit va être long ! Une fois les paquetages faits le matin, petit restau créole bien sympa sous le gîte avec vue sur la mer puis 45 minutes de sieste, importantes car l’excitation d’avant-course m’a réveillée un peu tôt ces 2 derniers matins. Je suis d’ailleurs content d’arriver à dormir car la 2ème nuit blanche à passer est une vraie inconnue pour moi sur la course et je veux être au maximum reposé pour y faire face sans subir d’endormissement !

Coucher de soleil à J-2, il fait encore beau...

Le reste de l’après midi se passe allongé à la plage. Je me repose mais je n’arrive pas à lire car je ne pense évidemment plus qu’à la course !! Je savoure la chance que j’ai de pouvoir me présenter au départ en plein possession de mes moyens après un an de préparation, d’autant que j’avais eu quelques inquiétudes avant de partir suite à une crève (j’ai échappé à la grippe A !) et des douleurs aux pieds et surtout dans le dos, à peu près résolus le jour du départ par une visite chez l’ostéo en urgence ! Mais aujourd’hui, plus rien de tout ça, je suis bien et c’est déjà un grande satisfaction et un gros plus au moral ! Je n’ai qu’à savourer la chance d’être là pour ce qui est sans doute le plus gros évènement de l’année à la Réunion.

Par Sprolls - Publié dans : Grand Raid de la Réunion 2009
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